Catégorie : bodypositivisme & lutte anti-grossophobie

La santé quand on est gros n°1 -Comment aborder le sujet-

Je suis lassée et révoltée de voir « la santé » utilisé pour buzzer et obtenir des clics ou encore comme argument marketing. Dans tous les cas, c’est un business! J’aimerai parler de quelques problèmes dont on ne discute pas assez, qui sont liés aux personnes grosses où à l’obésité mais pas seulement. J’ai tellement de choses en tête que je vais devoir écrire plusieurs articles.

Si vous me suivez, vous savez que je n’aime pas parler « santé ». Pour plusieurs raisons:

-La santé c’est personnel, ce n’est pas parce que je parle de certains sujets perso, que je dois renoncer à protéger les autres aspects de ma vie privée. D’ailleurs dans mes billets d’humeur, je parle très peu de moi, si je ne précise pas que c’est mon expérience, c’est que je me base plutôt sur mes rencontres, mes observations, l’expérience de mes amis ou mes lectrices.

– Ensuite dés qu’un gros parle de santé, il y a toujours en suspend la question de SA santé: on attends une justification ou une excuse valable. La plupart des gros sont vus comme irresponsables, parfois certains gros sont plus acceptables que d’autres, et parfois on peut les pardonner (d’être gros), mais pour cela il faut se justifier en avançant des raisons valables d’être gros comme: une maladie, un gros problème de santé ou un drame, dans ces cas là les gens se disent « bon ok toi tu as le droit », sous entendu « tu n’es pas responsable« , il y en a même qui insulte les gros en précisant « sauf ceux qui ont des problèmes d’hormones, mais ils sont rare », c’est trop gentil… Autres raison d’être pardonné, faire parti des gros qui ne veulent plus être gros et qui le prouve, en gros faut se justifier et prouver qu’on lutte activement pour rentrer dans le droit chemin!.. Je n’ai pas envie de donner ce pouvoir aux autres, je demande à ce qu’on me respecte en tant qu’être humain. Point. Je n’ai pas à me justifier, ou à prouver que je suis une bonne grosse pour accéder à mon statut d’humain. Surtout que jusqu’à preuve de justifications ou d’excuse, les gros sont tous considérés comme des personnes irresponsables et/ou malade

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Eloquii, une marque américaine, met les tailles 54 et plus à l’honneur.

La semaine dernière les réactions étaient assez vives lorsque la mannequin Tess Munster posait pour Kiabi (sur la page de la marque). C’est la première fois qu’une marque fait poser une mannequin aussi ronde, pour une marque qui vend jusqu’au 58/60 c’est une bonne chose de présenter ses vêtements sur des mannequins de plusieurs morphologies.

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La collection « Folk » est disponible sur le site de Kiabi et sur le site de Soasoa  mais sur ce dernier vous avez 30% de réduction avec le code NEIIKO30

La collection capsule mettait à l’honneur la tendance année 70, avec de la suédine et une robe imprimé inspiré paisley. Evidemment ça ne peut pas plaire à tous, mais les réactions furent très vives, parfois assez virulentes. Des marques qui font des vêtements pas forcement à la mode, et en plus cher il y en a (il en faut pour tout les gouts), mais personne ne se plaint. Il parait que la taille de la mannequin (56) n’est pas en cause. Alors pourquoi cette réaction disproportionné?

Il parait évident que Tess est vue comme une célébrité, il y avait donc beaucoup d’attentes, de ce coté là, c’est la conséquence du buzz. Mais des mannequin international il y en à déjà eu sur Kiabi, d’ailleurs à ce moment on disait qu’elles étaient trop minces.  Quand on creuse un peu, on s’aperçoit que les jeans ou la jupe ne sont pas moche en soi, mais « pas adapté ».. le haut n’était assez long (pour cacher le ventre et les fesses), le jeans trop moulant, trop d’imprimés et de lignes horizontales (ça grossit), les boots coupent la cheville, les imprimés ça tasse et j’en passe.. Est-ce que les même vêtements sur une mannequins plus minces auraient les mêmes réactions? Pour la plus part: non! puisque selon ces règles, une femme mince peut porter de la couleur, des imprimés, des lignes horizontales et même des slims! Bien sur puisqu’elle n’a rien à cacher.

Donc pour résumer, personne ne critique les grosses, mais bon c’est pas pour autant qu’il faut montrer les formes de son corps.. à se demander comment on est sensé s’habiller passé le 54? On cache les bras, le ventre, les jambes, en gros on mise tout sur le visage!

Au Etats-unis, la marque ELOQUII​ n’a pas reçu le mémo! La marque va maintenant jusqu’au 56/58, et elle à osé proposer les même vêtements, imprimés, moulants et brillants!
Il ne se sont pas arrêté là et propose depuis leur lookbook sur les mannequins habituelles et sur des mannequins qui font un 56/68 (mais qui sont surement très grandes, on ne peut pas supprimer toutes les normes en un jour)

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La marque propose des vêtements classe, colorés, et modernes. Le prix n’est pas donné pour les petits budgets, mais c’est une bonne adresse, à mettre de coté pour les occasions spéciales et pour la période des soldes.

De toute façon, le lookbook est en libre accès, et c’est une bonne source d’inspiration! On sait toutes qu’il n’y a peu de représentation passé le 54, et pour le coup le style est très coloré et casse tout les codes. C’est à la fois intéressant et rafraîchissant. On en redemande, j’espère vraiment que ce principe va se répandre rapidement! Mon rêve serait de voir des mannequins avec deux ou trois morphologies différentes A CHAQUE FOIS!

Je vous poste quelques photos de la récente collection, et de la collection printemps été du début d’année.

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On à le droit de rêver 🙂

« C’est pour ton bien » ou « pourquoi faire des remarques aux gros qui n’ont rien demander »

Difficile de faire plus explicite, au moins vous êtes fixés, nous allons parler de grossophobie (assumé ou subtile). Evidemment on peut avoir des remarques déplacées dans plusieurs cas, mais je parle surtout de ce que je sais.

L’autre jour sur Facebook je me retrouve encore une fois devant une histoire de commentaires grossophobes dans le genre « c’est pour ton bien ». Je ne développerais pas la (non) pertinence de ces propos, depuis le temps vous savez ce que j’en pense! Que chacun fait se qu’il veux de son corps et de sa vie! Ce genre de remarques sont souvent déplacées, infantilisantes et inutiles, surtout sur le net quand elles sont adressées à des inconnus. Ca n’apporte rien de positif et pourtant c’est souvent justifié par de bonnes intentions. Je me demande juste: POURQUOI?? Pourquoi écrire ce genre de commentaires et le faire PUBLIQUEMENT. (suite…)

Etre une femme..

[Ce texte pourrait contenir des propos blessant (potentiellement oppressif ou transphobe), il n’a pas été modifié encore et est basé sur des reflexions faites lors de mon enfance et ma vision du genre à ce moment là. Avec les années mon point de vue à changé, j’ai appris et j’ai compris certaines choses]

Je voulais revenir un peu sur le sujet de la « féminité ». Quand j’ai écris l’article sur la mini-jupes j’ai évoqué le sujet, mais il est passé inaperçu. Je suis consciente que les gens voient avant tout le fait qu’une grosse porte une mini-jupe, c’est vrai aussi que j’ai parlé du fait de s’assumer et de suivre les règles -ou pas? Mais pour moi le blocage se situais plus au niveau de la « féminité » que de la morphologie. Sinon des mini-jupes j’en porte souvent, mais avec des baskets, des leggings, pour faire du sport ou être à l’aise. Vous voyez la différence? Je pense que pour vous aider à comprendre l’enjeu pour moi je vais vous raconter mes réflexions sur le sujet.

(photo  par Velvet d’amour, avec une des photos où je me sens le plus « femme », je n’assume pas toutes cette féminité mais j’adore cette photo!)

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Souvenir d’une journée mémorable avec Velvet D’amour pour le magazine volup2  sur le thème de la féminité

On ne naît pas femme, on le devient?

Cette question je me la pose depuis des années, bien avant le débat sur le genre. C’est d’autant plus intriguant pour moi quand je me demandais ce qui faisait qu’une personne se sente « femme » (une personne = quelque soit son sexe de naissance). Qu’est ce qui fait de moi une femme? Clairement j’avais le corps d’une femme, depuis très tôt même, mais j’étais ce qu’on appel un « garçon manqué ». J’aimais les trucs de filles, mais aussi les autres jouets pas fait « pour moi ». Je me battais quand il le fallait, j’étais plus violente que délicate, mes loisirs, mes goûts et mon caractère ne collait pas avec ce qu’on attendait de moi. Les réflexions n’étaient pas explicites, je pense que quand on est une petite fille comme il le faut on ne sens pas les remarques, mais moi je sentais une certaine pression, je n’étais pas comme il faut. Ces injonctions « une fille doit s’asseoir ainsi », « une fille ne dois pas » « une fille.. », « une fille.. »… Ça me rendait triste, mais je me suis affirmée, rebellée contre ces obligations, et de façon plutôt violente puisque j’ai rejeté tout ce qui était connoté comme étant féminin, je refusais le rose, les robes et des froufrous. Jusqu’à  mes 15/17 ans je me suis habillée en survet/baggy, j’avais également des difficulté pour identifier mes sentiments et rejetais toutes marques de faiblesse et d’émotion, avec mes frères et sœurs j’aidais mon père avec les travaux manuels (menuiserie, maçonnerie, peinture, élevage d’animaux etc) et j’étais toujours percue comme trop brusque et « violente ».

(suite…)